Il faut interdire le diesel en ville car c'est un crime contre la santé publique

Par Emmanuel HOURDEQUIN, le 08 octobre 2016

12 juin 2012 : Les gaz d’échappement des moteurs diesel classés "cancérogènes certains" pour les humains (groupe 1) par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
Faut-il interdire les moteurs Diesel ? Depuis 4 ans et demi, absolument rien n'a changé, même après le scandale volkswagen.

Les maladies respiratoires (asthme), les allergies et les accidents cardio-vasculaires sont les premières conséquences d’une trop haute exposition aux particules fines des moteurs diesel (42.000 morts par an). Les femmes enceintes exposées ont plus de risques d’avoir des bébés de faibles poids, entraînant aussi des risques de développer certaines pathologies comme le syndrome métabolique car les nanoparticules de diesel inhalées sont capables de traverser la barrière placentaire et d’atteindre le sang fœtal. Cela entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus en première et deuxième génération.

Et les filtres à particules n’y changent rien : non seulement ils ne piègent pas les particules les plus fines (qui vont donc bien plus loin dans nos poumons), mais en plus ces filtres sont inefficaces pendant les trois premiers kilomètres après le démarrage… soit la distance moyenne des déplacements urbains ! Le Diesel montre ses limites dans les centres urbains.

Utiliser le diesel en ville sur de petites distances est criminel.

Il convient dès lors d’engager un débat sérieux et constructif sur cette question énergétique, économique, sociale, environnementale et sanitaire. Un débat local, régional, national, voire européen, aurait pour but de faire évoluer les mentalités, d’engager un changement de comportement et de faciliter ensuite l’adoption d’une nouvelle conception des transports en milieu urbain.

Le coût externe de la pollution de l’air coûte plus de 100 milliards par an à l’état français selon la commission d’enquête sénatoriale de Jean-François Husson.

Dans l'urgence, on devrait fournir aux victimes des masques à gaz (peu efficace) !

Partager sur les réseaux
  • Clément B.
    Le 21/01/2017 à 16:46

    Bonjour,

    Je suis favorable à la restriction à l'usage des véhicules diesel en ville (notamment pour les raisons sanitaires que vous évoquez), mais contre une interdiction totale. La raison de mon avis plus modéré est la suivante.

    Les personnes qui n'utilisent que très peu ce type de véhicule, mais qui l'utilisent pas absolue nécessité vont se retrouver piéger.

    Il ne faut pas oublier de raisonner économiquement. Je n'évoque par la profitabilité financière ou autre, mais simplement les comportements des personnes (ceux qui ont absolument besoin d'une voiture et qui ne peuvent pas s'en passer).
    Ces personnes doivent opter entre voitures neuves ou d'occasion, pour les acquérir. Ils doivent également choisir entre détruire leur véhicule ou le mettre sur le marché de l'occasion.
    Si à court terme, on peut faire les choix que l'on veut, tel que détruire son véhicule pour en prendre une d'occasion, sur le long terme cela va autrement. Lorsque l'on achète une voiture neuve, il y a une voiture de plus à circuler. Si on en met une à la casse, il y a une voiture de moins à circuler. Sur le long terme, le nombre de voitures prêtes doit rester le même afin de répondre à la demande de ceux qui en ont absolument besoin.
    Avec un vision à long terme, la destruction d'un véhicule conduit à l'achat d'un véhicule neuf. Le véhicule détruit va manquer indirectement à une autre personne qui va alors compenser cette perte en privilégiant le neuf.

    En partant de ce constant :
    Soit les personnes détruisent leur véhicule et en achètent un neuf à la place. La pollution engendrée par la construction du nouveau véhicule ne sera pas compensée par les faibles gains marginaux sur la pollution liés à l'arrêt du diesel pour un autre type de véhicule.
    Soit elles revendent leur voitures et en prennent une autre d'occasion en remplacement. Mais dans ce cas, il ne s'agit que de déplacer le problème ailleurs : il n'y a donc aucun intérêt environnemental dans cette solution.

    Si des mesures de restrictions sont à envisager, il est impératif de ne pas interdire l'usage du diesel au propriétaire ne roulant que très peu et par nécessité.

    Clément B.

    Lire tout le message
    • Emmanuel HOURDEQUIN
      Le 06/03/2017 à 10:00

      Il n'y a aucune nécessité absolue à s'empoisonner et à empoisonner les autres avec des particules fines car tout est une question de choix (entre le bien et le mal). Pour faire le bon choix, on a intérêt à faire confiance aux scientifiques en les écoutant et en essayant de comprendre leurs messages (CIRC-OMS). Les économistes orthodoxes sont obsolètes car ils n'intègrent pas les externalités négatives de la pollution dans le prix de vente ni l'énergie dans leurs équations (ils ne parlent que du capital et du travail). Or il n'y a pas de croissance sans énergie et si l'énergie est sale, la croissance est sale puisqu'elle génère des coûts exorbitants à payer par la collectivité présente et future (cancers, dégâts des tempêtes, ouragans, inondations et perte de la biodiversité à cause du réchauffement climatique et de la pollution). IL FAUT CHANGER DE PARADIGME.
      Emmanuel HOURDEQUIN

  • Raphaël Fortin-Moreau
    Le 07/01/2017 à 16:09

    Il faut aussi alors réflechir à l'ouverture de centrales électriques et chaufferies à bois car la combustion de ce matériaux produit des résidus toxique dont des particules fines

    Lire tout le message
    • Emmanuel HOURDEQUIN
      Le 06/03/2017 à 10:09

      Certes, mais ce ne sont pas les centrales électriques et les chaufferies à bois qui provoquent les concentrations de particules fines que l'on retrouve dans les rues passagères (parfois très étroites), qui piègent les particules et exposent les riverains à des concentrations locales très fortes, bien supérieures aux normes en vigueur donc inadmissibles (il ne faut pas confondre concentration globale, après dilution et concentration locale, avant dilution). Les cheminées envoient les particules assez haut alors que les pots d'échappement les envoient directement dans le nez des enfants, piétons, cyclistes, logements et dans nos habitacles de voitures. Ce n'est donc pas comparable.
      Emmanuel HOURDEQUIN

Merci de votre participation

Du 13 septembre 2016 au 31 mars 2017, vous étiez nombreux à partager vos idées et découvertes sur la transition énergétique. Pendant les 200 jours du débat, plus de 760 contributions individuelles et enrichissements ont été rédigés par les citoyens.

Retrouvez ici l'intégralité des contributions citoyennes du Grand débat sur la Transition Energétique.